La faille de San Andréas

diplome rouerguePremier Prix de la nouvelle Rouerg'Arte 2016 :

La sonnette de ma villa carillonne. Ils sont légèrement en avance. Je m’empresse d’aller leur ouvrir la porte.

— Bonjour André, cela me fait tellement plaisir de te revoir.

Mon collègue tombe littéralement dans mes bras pour une accolade généreuse. Nous ne nous sommes pas vus depuis plus d’un an, mais nos échanges par e-mail sont nombreux et toujours aussi riches.

— Je te présente Marie-Claire.

La jeune femme s’avère encore plus belle que je ne l’avais imaginée. Un concentré du charme français et de la grâce du pays de la haute couture. Son sourire me désarme, tant il contient de candeur amusée et de douceur apaisante, malgré la fatigue du voyage.

— Bienvenue à Los Angeles. André m’a tellement parlé de vous que je vous connais presque déjà. Mais je dois avouer que la réalité dépasse de loin la publicité qu’il m’avait faite.

Deux pépites dorées m’observent pour juger du degré de ma sincérité.

— Je ne pensais pas que les Américains puissent être aussi flatteurs. Je croyais que ce penchant était réservé à notre vieille Europe.

— N’oubliez pas que nous sommes des descendants d’émigrés. Il doit subsister quelques restes… Mais ne demeurons pas là. Entrons, je vous ai préparé une petite collation. Vous devez être crevés après ce long vol.

 

Je saisis la valise la plus volumineuse et les accompagne jusqu’au salon où crépite le feu d’une fausse cheminée.

— Tu es super-bien installé ! Avec une vue splendide sur le Pacifique en plus !

André et sa compagne observent la scène devant ma baie vitrée.

— Je n’ai pas choisi par hasard les hauts de Malibu. Tout petit, je rêvais déjà d’y habiter… Je vous en prie, asseyez-vous. J’ai mis au frais un petit champagne californien. Vous m’en direz des nouvelles.

 

Pendant que je m’exécute, ils font le tour de la pièce, s’extasiant devant chaque tableau, avant de rejoindre mon canapé extra-large.

— Tu sais, Jack, j’ai dû énormément insister pour que Marie-Claire m’accompagne. Figure-toi qu’elle a une trouille bleue que le fameux Big One profite de notre présence pour se manifester. J’ai beau la rassurer, lui dire que ta maison ne se trouve pas sur la faille de San Andréas, et que nous ne sommes pas assez importants pour intéresser la nature californienne, elle n’en démord pas.

Comment a-t-il deviné que ce sujet me préoccupe depuis des lustres ? Nous n’en avons jamais parlé ; à moins que ce soit pendant un soir de beuverie.

— Elle s’y trouve bien. Nous sommes exactement au-dessus.

Un voile blanc parcourt instantanément les traits de la jeune femme dont le regard a redoublé de brillance.

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A propos

Gérard Muller, consacre son temps libre à ses deux passions : l’écriture de romans et le golf. Il explore les différents genres littéraires, du thriller au roman psychologique. Il a déjà publié 20 romans et 3 recueils de poésie, 2 recueils de nouvelles, 1 essai et 2 pièces de théâtre qui sont tous présentés sur ce site Internet.

Il a reçu de nombreux prix de poésie, et 4 prix littéraires pour ses romans.

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